AccueilNos offresMéthodologie/outilsContact et inscription en ligneDates des formations et actualitésA lire ou à regarderLiensTémoignagesEssais
Essai Toyota Yaris Hybride
Essai Mitsubishi I-MIEV
Essai Nissan Leaf
Essai Toyota Yaris Hybride
Essai Smart Electrique
Ce mois-ci, nous passons à l'hybride avec l'essai de la nouvelle Toyota Yaris... Hybride :

Séquence « découverte »... pour moi.  C’est en effet la première fois que je réalisais un essai longue durée d’un véhicule hybride. Etonnant...

 
 

Hybride?

Cela fait donc près de 15 ans que Toyota a lancé son système Hybride avec la Prius, lancée en 1998. Depuis, de génération en génération (nous en sommes déjà à la 3è), elle a été appliquée à l’Auris (la remplaçante de feu la Corolla), puis la Grande Prius (7 places).


Pour rappel, le système comporte un moteur thermique accouplé à un moteur électrique, ce dernier étant alimenté par une batterie Ni-Mh  qui permet de mouvoir le véhicule sur le seul mode électrique durant environ 2 km à 50km/h max (voir plus loin). Pour ceux qui désirent une autonomie électrique plus longue, Toyota à créé la Prius Plug-in (rechargeable sur secteur) qui dispose de 25 km d’autonomie à 85 km/h max. 
 
Cette fois-ci, c’est au tour de la « petite » Yaris d’être préparée à la sauce « Hybride ». Je dis « petite » car elle a bien changé, cette Yaris. Je me souviens encore de celle que j'ai essayée il y a 4 ans. A l’époque, c’était une petite citadine, passe-partout et, à moins que mon régime ait été à ce point efficace, elle me semblait à l’époque beaucoup, mais alors là, vraiment beaucoup plus petite que cette nouvelle mouture.
 
Même si elle fait toujours moins de 4 mètres (3.90 exactement), la Yaris a pris de partout (10 cm en longueur rien que sur l’ancienne version dont 5 cm d’empattement) et ne correspond plus vraiment à ce que nous appelions voici quelques années une « citadine ». Sans être un Pullman, il n'y est pas trop difficile de caser des adultes à l'arrière. 
A ce train là, les prochaines Yaris s’approcheront des dimensions des Crown de la grande époque… !
 
Quoi qu’il en soit, nous allons voir si, comme le clame haut et fort Toyota, cette Yaris est vraiment « plus forte que le Diesel »,.
 
 
Plus forte que le Diesel ? En quoi ?
 
L’arrangement Hybride est spécifique à ce modèle : un 4 cyl. de 1500 cc essence (1800cc pour la Prius) associé à un moteur électrique synchrone à aimants permanents de 61 cv et une batterie adaptée à la taille de l’engin (120 éléments en lieu et place des 168 de la Prius, ce qui lui permet de conserver le même coffre de 268 litres que la version thermique !!!). 
La puissance totale utilisable des deux moteurs est de 100 cv (75 + 25) pour un couple respectivement de 111 Nm pour le thermique et 169 Nm pour l’électrique.  La voiture affiche un excellent 1085 kg (80kg de plus que la version thermique). Bref, excepté le principe de base, Toyota n’a pas fait simplement du « copier/coller » et a repensé complètement son système pour l’adapter à la Yaris : il est 20% plus léger et 20% moins encombrant que celui de son ainée.  Rappelons également qu'en l'espace de 15 ans, les batteries de chez Toyota ont vu leur taille (et leur prix) divisée par deux, pour une même capacité. Une belle prouesse. 
 
Côté performance, le constructeur annonce 165 km/h en pointe (ce qui est anecdotique pour un véhicule à vocation « éco ») mais également un 0 à 50 km/h en moins de 5 secondes grâce aux deux moteurs combinés.  Mais à ce petit jeu, oubliez la conso officielle donnée par le constructeur (3.5 l/100 et 79gr de CO2/km) !!!
 
En matière d’équipement, le modèle « Comfort » dans lequel je me trouvai durant ces 4 jours contient tout ce que l’on peut attendre d’une voiture de ce gabarit, et même bien davantage. Vitres électriques, cruise-control, ordinateur de bord avec le maintenant traditionnel grand écran tactile, radio/CD hi-fi, toit panoramique en verre, feux diurnes LED, clim,… bref, consultez la liste sur le site de Toyota ! Il faut vraiment être difficile pour ne pas être content. Côté qualité de fabrication, rien à redire non plus : c’est du solide, bien assemblé, ca ne couine pas. Le tableau de bord en deux tons est très agréable tant à l’œil qu’au toucher, même s’il est un peu dur. 
Les sièges sont assez fermes (c’est une question de goût), donc confortable (c’est en tout cas ce que j’aime !). 




Sur la route:
 
Contact. C’est parti ! Il faut reconnaître que quitter sa place de parking en silence reste des plus agréables. On aimerait que cela dure tout le temps mais la capacité des batteries de la Yaris Hybride est limitée et, comme dit plus haut, il n’est possible de rouler qu’à la seule force de la Fée Electricité que durant environ 2 km et à 50 km/h max. A ce moment, le moteur thermique se met en route, de façon très imperceptible il est vrai, pour faire avancer le véhicule et charger également la batterie.
 
Sur l’écran central, il est possible de voir en permanence l’évolution du fonctionnement du système hybride : thermique, électrique, les deux ensemble, charge, état de la charge, consommation ou production d’énergie…
 
Comme à mon habitude, je place la conso en temps réel sur mon écran, enfonce le bouton « Eco » et me voilà parti sur l’autoroute pour rentrer chez moi. La conso affichée est de l’ordre d’un bon 5 litre… J’espère que cela descendra dès que je me serai habitué à la voiture. J’essaye le cruise-control pour voir son effet sur la conso. Cela reste stable, mais à la fin de l’autoroute, ma conso est restée aux environs de 5,2l/100. Soit je deviens vraiment exigeant soit la déception me guette. Je n’ai pas dépassé le 110, comme d’hab’, et j’aurais aimé être bien en dessous de ces chiffres. Patience, patience…
 
Passons à la ville. En roulant au maximum en mode électrique, au prix d’une conduite très douce et parfois même inadaptée au flux de la circulation (démarrer au feu en restant sur le mode électrique n’est possible qu’au prix d’une accélération trop douce …pour les autres !), je descends ma conso aux alentours de 4.2l/100. 

Il est toutefois possible de forcer le mode « tout électrique » via un bouton placé près du frein à main et bien évidemment, sur un tronçon assez court bien choisi, je descendrai à 3.5l/100 de moyenne, mais cela relève de l’anecdotique car il y a eu plus de descente que de montée, et davantage de déplacement en mode électrique qu’en mode thermique, ce qui ne correspond pas à la réalité sur des trajets un tant soit peu plus long. 

Notons tout de même le silence des plus agréables dès que vous vous arrêtez aux feux, le moteur se coupant automatiquement.  Vivement que toutes les voitures soient équipées de ce système !
 
Côté performance, il faut s’habituer à cette transmission à variation continue : le moteur ne tourne pas nécessairement en rapport avec l’accélération ressentie. Je m’explique : besoin d’accélérer au feu pour se fondre dans la circulation, le moteur semble s’emballer, comme un embrayage qui patine pour une accélération somme toute normale. On a tendance à vouloir relâcher la pédale pour permettre au moteur de se calmer… No stress, c’est normal mais il faut un peu de temps pour s’y habituer. Pour tout dire, cela me rappelle un peu la Daf Variomatic de mes parents. Ne vous inquiétez pas, la comparaison s’arrête là, bien évidemment.
 
En définitive, au moment de la remise du véhicule et après 400 km de parcours, ma conso s’élèvera tout de même à 4.4 l/100 de moyenne, ce qui est assez loin des chiffres officiels  mais tout de même excellents pour une voiture de ce gabarit, et ce sans brûler la moindre goute de mazout !
 
Il est vrai que rouler en Hybride requiert une autre conduite que celle que l’on applique aux véhicules thermiques, voire même aux 100% électriques. 400 km, était-ce peut-être trop peu pour m’adapter à cette technologie particulière. Mea Culpa ! Mais je ne demande qu’à me perfectionner davantage.
 
Peut-être est-il aussi à présent nécessaire de revoir la méthodologie du calcul de la consommation des véhicules tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, surtout pour les modèles hybrides. Ces règles ont probablement fait leur temps et ne sont plus adaptées à ces nouvelles technologies. Voyez la différence entre les chiffres officiels de l’Opel Ampera et ceux constatés par ceux qui l’ont essayée. Et pour l’anecdote, la nouvelle Porsche 918 Spyder (320 km/h en pointe et 0 à 100 en 3 secondes), équipée d’un V8 de 4.6l pour 580 cv et de deux moteurs électriques donnant un total de 770CV est donnée pour …3.0 l/100, chiffres officiels, d’après les calculs actuels. Les ingénieurs de Stuttgart ont même l’intention de lui faire parcourir le Nurburgring en moins de 7’30’’. J’ai beaucoup de respect pour eux mais je demande à voir la conso après. Chiche !?
 
Fermons ici cette parenthèse et revenons à notre Yaris. Outre cette question de la conso, il est dommage que Toyota l’ait équipée de telles suspensions, trop sèches à mon goût. Pour une voiture à vocation « zen », on à l’impression de rouler dans un modèle sportif équipé de pneus taille-basse, ce qui n’est pourtant pas le cas. Evitez les bosselées route de notre plat pays (et non l’inverse !!!).
Dommage.
 
Alors, cette hybride, vraiment plus forte que le diesel ? Franchement oui, si l’on tient compte de sa consommation qui est effectivement plus faible que la version diesel (une fois que vous êtes aguerri à son maniement). Qui plus est, vous brûlez de l’essence ordinaire, beaucoup moins polluante que le diesel qui, outre les particules fines cancérigènes et allergènes (voir rubrique « à lire »), produit également des oxydes d’azotes en quantité bien plus importante que les moteurs à essence.

Reste le prix !? Actuellement, il y a déjà une Yaris Hybride à partir de 15.990 euros, prime déjà déduite. C’est évidemment plus cher que la version essence de base (entre 2.500 et 5.000 euros tout de même, en fonction des motorisations), mais relativement compétitif par rapport au diesel (env 1500 euros de différence). Et puis, c’est bientôt le salon avec ses offres alléchantes et négociables. Si votre véhicule actuel est en fin de vie, profitez-en pour vous tourner vers un véhicule de ce type.
 
 
 
Conclusions:

Tant que les voitures électriques n’auront pas atteint une autonomie suffisamment « rassurante » (encore faut-il s’accorder sur cette notion…), le véhicule hybride reste un choix intéressant pour celui qui veut profiter d’un moyen de déplacement personnel et désire polluer moins. Surtout que l’offre actuelle à tendance à s’étendre, même si trop peu de constructeur font appel à cette technologie.

Un tout grand merci au service "TRY and BUY" de chez Toyota situé à Zaventem (02/386.73.00) pour ce test de 4 jours à bord de la Yaris Hybride et particulièrement à Quentin Praet pour son accueil et sa gentillesse.