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Après la Mitsubishi I-Miev, nous vous présentons ce mois-ci une autre voiture 100% électrique : la Nissan Leaf.
 
Avec elle, nous passons à un niveau nettement supérieur, tant du point de vue de la taille que de la finition ou encore de l’équipement. Nissan a voulu frapper fort et a par ailleurs sur-équipé cette voiture pour la rendre la plus attrayante possible. Nous verrons cela plus loin.
 
La Leaf, c’est la première voiture de série pensée et conçue entièrement pour être 100% électrique. C’est également la première 100% électrique à remporter le titre de la voiture de l’année. Cela ne s’était jamais vu. Et depuis, 25.000 modèles se sont écoulés. Un sacré CV !
Essayée brièvement au salon Mobimix, j’espérais pouvoir en profiter pleinement lors d’un test longue-durée qui fut rapidement possible par l’entremise de Nissan Belux, situé à Artselaar.




Prise de contact 

Arrivé sur place, la Leaf m’attend sur le parking. Toute de bleue vêtue, sa ligne légèrement futuriste étonne de premier abord mais les Japonais n’ont pas été plus loin qu’il ne fallait : l’engin est sobre et reste assez discret dans la circulation. Le conducteur d’un véhicule électrique n’a peut-être pas envie que l’on se retourne systématiquement sur son passage. D’ailleurs, si vous désirez être le pôle d’intérêt de vos concitoyens, passez votre chemin : mis à part une seule fois où quelqu’un m’a abordé sur un parking, personne ne s’est vraiment attardé sur cette surprenante voiture. Tant pis ... pour eux car ils ratent quelque chose.

 
 
Conception d’ensemble :

5 portes, 5 vraies places (Mon mètre 80 est aussi à l'aise à l'avant qu'à l'arrière!) et un grand hayon qui débouche sur un coffre de taille... raisonnable. Car si les sièges sont rabattables 40/60, un gros renfort, dû à une partie des batteries qui y ont trouvé place, empêchera de profiter d’un volume qui aurait pu être intéressant. Pas de déménagement, donc,  ni de trop grosses courses chez votre fournisseur de meubles suédois avec votre Leaf !!! 
Le petit sac, dans le coffre, contient le chargeur et son câble.



Premières impressions :

L'’intérieur est très cossu et spacieux, la position de conduite excellente et rien ne m’indique que nous nous trouvons dans un véhicule à propulsion non-conventionnelle.  Un intérieur en beige clair pour éviter que le soleil ne chauffe trop l’habitacle - pour ensuite utiliser l’air-co, gourmand en énergie- (les enfants, allez manger votre chocolat ailleurs, svp !), un tableau de bord bicolore, un volant multifonction, des boutons partout… on est assez loin du minimalisme d’une I-Miev. Il est vrai que nous ne sommes pas du tout dans la même gamme de véhicule. 

A la place du changement de vitesse, un joystick qui ressemble assez fort à l’I-drive de chez BMW, mais la ressemblance s’arrête là : il s’agit bel et bien d’un changement de vitesse, simplifié à l’extrême. Une marche arrière, un bouton pour le frein à main électrique et deux modes pour la marche avant (Eco et Normal). C’est tout.
 
Le pied droit sur le frein, on appuye sur le bouton » start » et le tableau de bord s’illumine de ses mille feux. Très joli, dans les tons bleus, blanc et (un peu) de rouge. L’écran tactile, également multifonctions, attend une caresse de votre doigt pour s’ébrouer à son tour.
Le Joystick vers l’avant pour la marche arrière (ben oui, comme sur toutes les boîtes automatiques !) et voilà notre écran qui nous montre avec précisions ce qui se trame derrière notre engin grâce à la caméra de recul intégrée qui vous montre, à l’aide de courbes incrustée dans l’image, comment entamer votre manœuvre et où elle vous mènera. 
Pas mal !!!
 
Marche avant et c’est parti dans un silence ... vraiment impressionnant!
Quand je dis « vraiment impressionnant », je pèse mes mots car on sent que Nissan a mis le paquet comme on dit sur l’insonorisation de cette voiture : pas un bruit qui filtre, ni de la route… ni du mobilier. Tout cela semble avoir été monté avec soins et robustesse. Une route en pavé me le confirmera à 100% : aucun couinement ou bruit parasite ne viendra perturber cette véritable bulle de silence. Et si Nissan a même prévu un petit Bip-Bip discret pour avertir les piétons de votre venue (cette fonction se coupant au-delà de 30 km/h), vous ne l’entendrez même pas de l’intérieur! 

 
 
« Psychoses » !!!

Passage obligé par Bruxelles pour quelques rendez-vous. J’espère que mon autonomie me permettra de rentrer chez moi ce soir. En ville, je dois avouer que je ne m’en inquiète guère : une voiture électrique n’y consomme que très peu, voire produit son « carburant ». Chaque ralentissement est l’occasion de recharger les batteries grâce à l’énergie cinétique. Je ressors de mon long périple en ville avec quasi la même autonomie que lorsqu’j’y suis rentré.

Par contre, sur l’autoroute… cela se gâte avec une chute vertigineuse de l’autonomie qui s’affiche en permanence au tableau de bord et, en prime, l’angoissante voix de mon ordinateur de bord qui, bien que féminine et très douce, m’avertit à chaque minute que "mon autonomie ne me permettra pas d’arriver à la destination encodée"  (ndlr: dans le GPS intégré). Charmant !!! Or j’ai encore 20 km à parcourir et je vois qu’il me reste pratiquement 40 km d’autonomie. Je réduis ma vitesse (à 90, sur autoroute, j’ai les camions qui me remontent dans le dos !!!) mais mon GPS continue de me dire avec insistance de faire demi-tour. Je me sens comme dans un film d’Hitchcock, la musique en moins… et ce silence oppressant entrecoupé de cette « charmante » voix féminine en plus !
Je me lance dans un cours d’éco-conduite appliquée en me demandant si je vais réussir à battre la machine qui continue -malgré mes efforts- sa litanie : « votre autonomie est insuffisante pour arriver à votre destination. Faites demi-tour » … et j’arrive finalement à ma destination… avec encore 30 km d’autonomie!!!
 
Je me remets de mes émotions, sors du coffre le cable équipé du chargeur, branche la voiture sur ma prise extérieure et là, je comprends tout : le GPS intégré reprend sur sa carte tous les points de charge existants (et me dit même s'ils sont occupés ou non !) mais mon domicile n’est pas considéré comme tel (le GPS me demande d’ailleurs s’il peut considérer cet endroit comme lieu de recharge, question à laquelle je réponds par la positive). C’était donc ça : en quittant Bruxelles en direction de Namur avec 50 km d’autonomie, je m’éloignais des stations de charge existantes et ne pouvais pas non plus atteindre les suivantes. Pour la Leaf, l’équation était impossible : j’allais tomber en « panne sèche ».
Je le sais donc pour la prochaine fois, mais j’ai eu chaud. 
Pour une première journée à bord de la Leaf…, ce fut épique. J’espère que le restant de la semaine sera plus calme. 
 


Chargé ? Partez !
 
Le lendemain, la voiture est chargée à fond (en 9 heures, sur mon compteur de nuit) et je repars confiant vers la capitale.

L’ordinateur de bord indique une autonomie de 150 km en mode « normal », 175 en mode « éco ». Je choisis « éco ». 

Comme il fait un peu froid ce matin, je mets le chauffage… boum, mon autonomie chute immédiatement de 30 km (pas de moteur thermique, pas de dégagement de chaleur… d’où un chauffage... électrique !). 
Je le coupe et je reviens à mon autonomie précédente. 
C’est pour cela que la Leaf est équipée d’un programmateur : pour chaque jour de la semaine, vous pouvez définir deux moments de départ ; au moment dit, la voiture, encore branchée sur le secteur, aura atteint la température de 20°, sans que l’autonomie en soit modifiée. Et vous pouvez même la commander au départ de votre Smartphone. 

Puisque nous parlons chauffage, sachez également que Nissan a prévu les 4 sièges chauffants, chacun étant commutable séparément (doux ou fort), de même … qu’un volant chauffant.  Vous êtes seul, en couple ou avec un -ou deux- enfants… chacun se chauffe individuellement (ou pas), sans gaspiller. C’est à bord d’une voiture électrique que l’on se rend compte du caractère précieux de l’énergie !!! Précisions que Nissan travaille actuellement à un système de chauffage encore moins énergivore, qui devrait être installé dans les modèles 2013. Cela n’a pas empêché Nissan de faire un véritable carton avec sa Leaf dans les pays scandinaves (il est vrai où les bornes de recharges publiques rapides sont légions !).

Quant à la recharge, entre 8 et 10 heures en cas de batterie totalement à plat, elle est également programmable deux fois par jour (aussi via votre GSM) afin qu’elle démarre, par exemple, au moment où votre électricité est moins chère. La recharge rapide (sur des bornes publiques, toujours aussi peu nombreuses même si Nissan investit actuellement pour en installer plus de 400 en Europe !) est d’une durée de 30 ‘ pour une charge à 80%.
Les batteries sont logées en partie sous le plancher et derrière la banquette arrière. Et le moteur, me direz-vous?  Sous le capot avant. 
Chose amusante, ceux qui aiment ouvrir un capot ne seront pas dépaysés car Nissan a modelé son installation électrique  comme un moteur thermique : on jurerait voir un cache-culbuteurs, en alu satiné argent et bleu.
 
 
Eco ou normal ?

En mode éco, la puissance et le couple sont limités, comme la vitesse, au profit de l’autonomie. Au-dessus du tableau de bord, des petits arbres poussent en fonction de la qualité de votre éco-conduite : vous pouvez ainsi en faire pousser jusqu’à 4. On finit par se prendre au jeu et l’envie vous prend de devenir un jardinier très prolifique. Vraiment ludique. L’autonomie sous ce mode est de 165 km théoriques (tablez sur 145 pour être sûr).
En mode « Normal », la Leaf pointe à 145 km/h et arrache ses 1540 kg (et oui !) au feu rouge par une accélération très linéaire et étonnante, comme nombre de véhicules électriques, mais au prix d’une consommation forcément plus importante et donc d’une autonomie plus réduite. Encore une fois, cette voiture vous montre l’inutilité de ce genre de comportement, surtout au regard de ce que cela coûte en énergie. Mais en cela, elle ne s’éloigne pas de ses sœurs thermiques. La démonstration est seulement plus claire avec une électrique.
 
Ajoutons que la Leaf est un véritable régal pour se garer : son rayon de braquage est minimal (bien davantage que ma petite voiture personnelle) et les demi-tours se font dans un mouchoir de poche, malgré une longueur qui frise les 4.45m et un empattement de 2.70m.
 
 
Equipement pléthorique :

Comme s’il fallait en donner toujours plus pour attirer une clientèle qui n’a pas forcément envie de se tourner vers un véhicule électrique, la Leaf offre un équipement ultra complet. Voyez plutôt : phares Led avants et arrières, jantes alliage, rétro et vitres électrique, clim, capteur de pluie, cruise control avec limiteur de vitesse, volant multifonction, direction assistée, clé intelligente, GPS et ordinateur de bord avec grand écran tactile, sièges et volant chauffants, programmateur de charge et de t°, lecteur CD 6 hp avec prises usb et Ipod, bluetooth, ABS, EBD avec assistance au freinage, ESP, 6 airbags… . Bref, y’a tout !!! Trop peut-être car il eut peut-être été possible de réduire le poids d’un engin qui atteint finalement les 1540 kg.
 
Oui, mais... et pour les vacances?

Avec une autonomie limitée, le véhicule électrique rebute nombre de conducteurs qui ont l'habitude d'une marge de manoeuvre nettement plus grande.  Comme nous l'avons vu avec l'essai de l'I-Miev, les statistiques sont formelles: plus de 90 % de l'ensemble de nos trajets quotidiens ne dépassent pas les 100 km.  Le véhicule électrique répond donc à nos besoins dans 90 % des cas.  De plus, il est possible d'imaginer de pouvoir charger son véhicule à mi-journée sur une borne de charge rapide, ou de mettre en charge sa voiture dès l'arrivée au travail pour pouvoir la reprendre chargée à 100% en fin de journée.

Toutefois, il reste une question en suspend: "Et les vacances? On fait comment?".  Il est vrai qu'à l'achat d'un véhicule, quel qu'il soit, la question des vacances se pose immanquablement: cette période de 15 jours à une influence énorme sur les 350 autres jours de l'année.  Combien de fois n'avons-nous pas acheté une voiture plus grande (voire même trop grande, en rapport avec nos besoins quotidiens)... uniquement en fonction des vacances. Pour le véhicule électrique, la question va se poser également, mais plus en rapport avec son autonomie, nettement plus au centre des préoccupations.
Evidemment, pour un trajet de 1000 km, cela va être difficile.  Un constructeur concurrent du pays du Soleil Levant affirme nous préparer une batterie d'une autonomie de 1000 km pour dans 5 à 7 ans environ.  On y sera bientôt.  Mais rassurez-vous, vous pourrez prendre des vacances avant cela!!! Actuellement, Nissan Belgique propose une solution: à l'achat d'une Nissan Leaf, Nissan s'engage à vous prêter un véhicule thermique pour la durée de vos vacances. 
Elle est pas belle, la vie?!

 
Il est vrai que la Leaf n’est pas donnée : au prix du jour (octobre 2012), elle est affichée à 36.990 euros dont vous pouvez, si vous habitez la Wallonie, retirer 3500 euros de prime (0gr CO2) et récupérer jusqu'à 9200 euros en déductibilité fiscale.
Mais elle reste néanmoins une bonne affaire, compte tenu de son faible coût de fonctionnement, de son excellente qualité de fabrication et de son équipement archi-complet, de son silence de fonctionnement et de son effet appaisant (sauf si vous oubliez d'encoder votre adresse comme lieu de charge!!!). Vous devrez toutefois repenser votre mobilité individuelle en fonction de l’autonomie plus réduite qu’une voiture thermique. Mais est-ce que cela ne devrait pas être le cas pour tous ?

 
Dernière précision : à partir de l’unité motrice de la Leaf, Nissan finalise la mise au point d’un utilitaire 100% électrique, basé sur le fourgon NV200 (4.2 m³). 
Sa commercialisation devrait arriver en 2013 après une longue période d’essai, notamment en collaboration avec Fedex. Le NV200, dans une version spécifiquement étudiée, a déjà été choisi par la ville de New-York -après deux années de test- pour remplacer d’ici fin 2013 l’entièreté des vieux et trop gloutons Taxis Yellow Cab .  La version fourgon électrique sera construite dans l’usine espagnole de Barcelone.  Avec une charge à 80% en 30’ (lors de la pause déjeuner, par ex ), ce fourgon risque bien de devenir dans les prochaines années le véhicule de livraison idéal dans nos villes polluées à l’extrême. Et les essais de la version « Taxi » électrique démarrent début 2013 ! Une chose est au moins certaine: leur moteur sera à l'arrêt en attendant le client!
Une révolution est en marche.