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Essai Mitsubishi I-MIEV
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La Mitsubishi I-MIEV.
Voici quelques semaines, lors du salon Mobimix 2012, j’avais eu l’occasion d’effectuer quelques tours au volant de plusieurs véhicules 100% électriques, notamment celui de la Mitsubishi I-Miev.   Essai bien évidemment trop court pour me faire une idée, bien que le concept fût séduisant. Ainsi, lorsque Mitsubishi me proposa d’effectuer un test de longue durée de ce véhicule, je sautai sur l’occasion.
Rendez-vous fut donc pris avec le concessionnaire Mitsubishi de ma région (NGL Wavre) où m’attendait une I-MIEV pratiquement neuve, gris souris métallisé. 20 minutes plus tard, je prenais la route au volant de cet étonnant véhicule à la bouille toute ronde et sympathique.
Je dois avouer que j’étais très excité d'essayer quelque chose de vraiment différent et novateur. Je n’allais pas être déçu.
 
100% électrique, 5 portes, 4 places.
L’I-MIEV, comme ses deux sœurs jumelles C-Zero (Citroën) et Ion (Peugeot), est propulsée par un moteur 100% électrique, alimenté par 200 kg de batteries Li-Ion logées sous le plancher, ce qui lui confère une excellente tenue de route grâce à un centre de gravité très bas, même si la hauteur de caisse est assez haute. C’est d’ailleurs ce qui frappe d’emblée lorsqu’on croise une I-MIEV : une hauteur résolument haute (1.61 m)… associée à une voie assez étroite (env 1.30 m). 
Malgré sa taille (3.47 m), il s’agit bien d’une 5 portes.  Quatre adultes s’y sentent relativement à l’aise, tant à l’avant qu’à l’arrière, grâce à un empattement de 2.55m. Je dis bien 4 et non 5 : l’I-MIEV est en effet homologuée pour 4 passagers, comme le rappellent ses 4 ceintures de sécurité.  A propos de sécurité, précisons par ailleurs qu’elle est équipée « comme une grande » de 6 airbags, de l’ABS et d’un contrôle de stabilité + antipatinage, et que le crash test réalisé par l’ADAC s’est soldé par des résultats comparables aux « autres » voitures thermiques, l’habitacle étant resté intact malgré un choc frontal à 64 km/h (norme Euro Ncap) et un choc arrière à 80 km/h et ce, malgré des zones d’absorptions très courtes et un poids "léger" (1100 kg ; comme quoi, il n’est pas nécessaire de se trouver dans un tank pour être bien protégé).
 
Premiers tours de roues : 
Contact, je tourne la clef pour « démarrer la bête » : rien ne se passe, si ce n’est un petit bip et une lumière verte au tableau de bord qui m’indiquent que je peux y aller. Je place le levier de vitesse sur « R », comme sur n’importe quelle autre voiture équipée d’une boîte automatique, et me voilà quittant ma place de parking, le tout dans un silence presque inquiétant. Pour la marche avant, le concessionnaire me rappelle qu’il n’y a qu’une seule vitesse mais trois modes : D, B et C. Bizarre ?! On y reviendra.
 
Le monde du silence :
Ca y est, je suis sur la route.  Le silence est impressionnant, l’accélération tout à fait normale (électrique ne veut pas dire asthmatique) et au bout de quelques minutes, je roule avec cette voiture comme si je l’avais toujours fait.  Rien de plus facile, le plaisir est également de mise et, le silence aidant, on en vient à espérer que les autres voitures se « taisent » également. Que la route est bruyante lorsqu'on roule en électrique!
J’arrive à un feu rouge et m’arrête. Toujours ce silence. C’est magique. Une voiture de sport se range à mes côtés. Le regard quelque peu dédaigneux de son conducteur m’agace un peu. Comme si une voiture électrique (c’est un modèle de présentation et c’est marqué en grand dessus) était une sous-voiture. Je me rappelle la théorie : un moteur électrique donne la totalité de son couple (c'est-à-dire la force du moteur donc sa capacité à accélérer) dès le premier tour. Ma réaction est, je l’avoue, un peu puérile mais je me promets qu’une fois le feu vert, je lui montre ce qu’elle a dans le ventre, « ma » sous-voiture.
Vert !!! J’appuie à fond et l’accélération, constante et linéaire, m’étonne moi-même. Ca pousse fort, ce truc !!! Quant à la voiture sport, elle est 50 mètres derrière et son conducteur n’a probablement toujours pas compris ce qui lui est arrivé ! Je me cale à 75 km/h, le laisse me dépasser et son regard semble moins condescendant. Qui sait, son avis a peut-être changé sur les véhicules électriques !  

Mais revenons à notre I-Miev ! Sa maniabilité est vraiment étonnante : comme il s’agit d’une propulsion, l’absence de cardan à l’avant et la voie assez étroite permettent à l’I-MIEV de faire demi -tour dans un mouchoir de poche (rayon de 4.5 m). Combien de fois ne me suis-je pas dit : « ça ne passera pas en une fois ! » pour me rendre compte que j’étais loin de la vérité. Quant aux créneaux, c'est un vrai bonheur.
 
B, C ou D?
Comme l’I-Miev est 100% électrique, elle se déplace donc grâce à l’énergie contenue dans ses batteries qui petit à petit vont bien évidemment se décharger. Au tableau de bord, un ordinateur de bord m’indique les km restant à parcourir et une aiguille de type économètre m’indique si je roule éco (bien !!), très éco (très bien !!) ou franchement pas du tout éco (pas bien !!). Je m’explique : contrairement à un véhicule thermique dont l’injection est coupée dès que l’on lâche la pédale d’accélérateur (ce qui est déjà pas mal !), un véhicule électrique va plus loin en produisant de l’énergie pour se recharger lui-même. Cette recharge est plus ou moins importante suivant le mode choisi…. 

Sur route nationales ou dégagées, le mode D est le mieux adapté : le frein moteur (et donc la recharge) est relativement modeste. Pour ceux qui préfèrent un feeling comparable à une voiture thermique, choisissez le mode C, où le frein moteur est relativement faible. 

En ville, le mode B est l’idéal : le frein moteur est tellement important (donc la recharge également) qu’il est possible, en anticipant convenablement, de ne quasiment jamais utiliser ses freins et de tout faire en jouant uniquement avec la pédale d’accélérateur. Une priorité de droite, un rond-point, un ralentissement…, hop, je lâche la pédale de gaz (enfin, de gaz, je veux dire d’accélérateur, quoi !), la voiture freine convenablement d’elle-même et le cycle de charge est à son maximum, augmentant sensiblement l’autonomie du véhicule.
 
Autonomie :
Le mot est lâché : les véhicules électriques ont comme principal défaut, nous dit-on, une autonomie limitée. Certes. Celle de l’I-Miev est de 150 km, du moins sur le plan officiel. Si j’ai pu atteindre 142 km, ce fut en mettant en application toute mon expérience de formateur en éco-conduite et seulement au terme du troisième "plein", en commençant à bien l’avoir en main. Il serait donc plus juste d’évoquer un 115/125 km par cycle de charge. Cela paraît peu mais, d’après les études, près de 90% de nos déplacements journaliers ne dépassent pas (et en sont même très loin) ce chiffre. Alors, où est le problème ? A mon avis, plus dans un changement de nos habitudes qu’ailleurs. Et les vacances ? Pour moi, la question ne se pose pas : combien de ménages ne possèdent-ils deux véhicules thermiques dont un des deux (« la petite ») ne sert pour ainsi dire jamais pour les vacances. Se pose-t-on la même question à son sujet. Probablement que non.
Contrairement aux véhicules thermiques, la I-MIEV est très à l’aise en ville et y consomme beaucoup moins que sur autoroute. Chaque ralentissement (et la conduite en ville n’en manque pas) est l’occasion de recharger les batteries. Lorsque j’ai effectué une dizaine de km en ville et banlieue, je fus étonné de constater que mon autonomie ne baissa pas d’un km. Etonnant, non ? Par contre, lancé sur autoroute (où sa vitesse maximale ne constitue en rien un obstacle pour les autres automobilistes-elle pointe à 135 km/h quand même), l’autonomie chute dangereusement. 
On le comprend, le terrain de prédilection de cette Mitsubishi reste la ville et ses abords … même si elle est capable de s’aventurer sur les grands axes sans la moindre difficulté.
 
Le plein, svp :
La journée est finie, je vais devoir passer à la pompe… à mon propre domicile. C’est une première !
Je sors le câble comprenant le chargeur spécifique, ouvre la trappe à ess… euh, non, je veux dire la trappe « à charge », enfonce la prise ad-hoc et branche l’autre extrémité sur le secteur.    Six heures plus tard, elle sera à nouveau prête. Coût de la charge : environ trois euros/120km. Comme j’ai un compteur bi-horaire, j’ai prévu une minuterie et ce sera environ 2/3 de cette somme. Faites le compte au km !
Pour ceux qui ont une route importante pour se rendre sur leur lieu de travail, on peut également imaginer une charge sur place : arrivé au boulot le matin, après plus de 100 km de trajet (même si j’en connais très peu qui en font autant), la voiture est branchée et en fin de journée, elle est entièrement chargée.
Enfin, il existe un mode de charge rapide sur des bornes publiques (mais actuellement de propriété privées !) où la charge à 80% est effectuée et moins de 20 minutes : on s’arrête à la « pompe » et le temps de boire une tasse de café à son aise, c’est fait. Toutefois, ces bornes sont encore trop peu présentes sur le territoire belge (moins de 200) et malheureusement bien moins en Wallonie qu’en Flandre.
 
C’est combien ?
Bon, ce n’est pas tout ça, mais comme je commence à devenir "addict", ma femme va me demander combien ma nouvelle dépendance va nous coûter. 

La Mitsubishi I-MIEV est vendue au prix de 28.200 euros. 
Aïe !!! Quand même!
Oui mais à l’heure actuelle, il vous est possible de récupérer, en déductibilité fiscale, la somme maximale de 9.160 euros, ce qui réduit la facture à 19.000 euros. Il vous faudra tout de même avancer la totalité de la somme et attendre votre retour d’impôts dans au moins un an.
Et ce n'est pas tout: les habitants de Wallonie peuvent encore cette année (2012) bénéficier d'une prime de 3500 euros pour l'achat d'un véhicule neuf dont les émissions de CO2 sont de 0gr/km (2500 euros en 2013!).  Au final, une note de 15.500 euros.  Cela commence à devenir intéresant, non?!

En ce qui concerne les entreprises, la déduction fiscale est de 120% + la totalité de la consommation électrique liée à sa recharge + contribution de solidarité minimale + tmc et de circulation minimales.

Pour le reste, un coût d’utilisation de 1.5 à 3 euros pour env. 120 km (voire rien du tout si vous avez des panneaux solaires !), des frais d’entretien réduits à leur plus simple expression (pas de vidanges, ni de filtres à air ou à huile et très peu de freins grâce au frein moteur intégré, et un entretien annuel de vérification des batteries). Faites votre calcul, cela reste intéressant. Et que dire du résultat « carbone » et du plaisir que l’on ressent à son volant… .   L’I-Miev est garantie 3 ans, et 5 ans ou 100.000 km sur les composants spécifiques liés à la propulsion électrique ainsi que les batteries.
 
Equipements:

Outre l'aspect sécurité évoqué plus haut, l'I-Miev est équipé de 4 vitres et rétroviseurs électriques, jantes alliage 15', d'un radio-lecteur CD, d'antibrouillards et de phares diurnes à diodes, d'attaches Isofix à l'arrière,  de l'airco (attention à la consommation!) ... et d'un siège chauffant!? Eh oui, même si le véhicule est équipé d'un chauffage (électrique vu l'absence d'un moteur thermique), Mitsubishi, dans une volonté de réduire la consommation du véhicule, a constaté que chauffer directement le conducteur (s'il est seul à bord) via son siège consommait nettement moins d'énergie que de chauffer l'entièreté de l'habitacle. Tout est bon à prendre. Notons également le volant et le changement de vitesse gainés de cuir.  Un bémol, tout de même: l'absence de montre!

Conclusions :
Pratiquement une semaine au volant de l’I-Miev et je dois vous avouer que je suis pratiquement conquis à 100%. Son comportement est très agréable,son silence de fonctionnement l’est également, son coffre m’a permis de faire les courses pour ma petite famille sans le moindre souci (deux caisses pliantes prennent place dans le coffre et à hauteur de la taille, merci pour le dos !), sa facilité de conduite, sa maniabilité et son coût d’utilisation sont franchement dans le haut du panier. 

Reste que c’est une 4 places (j’ai trois enfants … mais il est vrai que nous n’allons que très rarement à 5 faire les courses!), que son prix d’achat reste tout de même élevé (même si ses coûts d’utilisation sont très limités) et que son autonomie n’est que de 125km (même si nous avons vu que cela importe finalement que très peu dans une utilisation quotidienne).  Son terrain de prédilection reste évidemment la ville et ses alentours pour pouvoir profiter d’une autonomie finalement suffisante. Je pense que l’augmentation du nombre de stations de charges sur notre territoire, placées judicieusement (comme au Portugal où toutes les axes entre grandes villes sont équipés de stations) permettront de rassurer les conducteurs lambda, dont je fais partie, qui hésitent encore à passer le cap. Quant aux ménages qui possèdent deux véhicules, c’est LA seconde voiture idéale. Voire même, comme me le disait mon ami Bernard, la première voiture du ménage!!! Pourquoi?  Parce que les trajets de plus de 100km sont plutôt exceptionnels pour la plupart des habitants de ce pays et le cas échéant, on sortira alors la voiture thermique du garage.  Ce ne sera pas si souvent, en définitive.  Je pense même qu’on se battra dans les familles pour décider qui profitera de l'électrique.
En définitive, les principaux défauts de cette voiture résident peut-être plus dans un ensemble d’apriori et/ou d’habitudes engrangées en plusieurs années de conduite. Et les habitudes sont souvent difficiles à faire évoluer.
En d’autres termes, je ne peux que vous inviter à aller l’essayer (voir ci-dessous) pour vous rendre compte par vous-mêmes que la voiture de demain est déjà là. Vous ne serez franchement pas déçus et risquez bien, comme moi, de devenir fan de ce "nouveau" mode de propulsion!!!
 
Christian BORMANS

Remerciements:
Cet essai n’aurait pu avoir lieu sans l’intervention de deux personnes que nous tenons à remercier pour leur gentillesse et leur accueil chaleureux : tout d’abord Frederic Peiffer, spécialiste de l’électrique chez Mitsubishi Belgique (www.mistubishi-motors.be) et Martial, sympathique responsable de la concession Mitsubishi de Wavre (contact : 010/22.31.58 ou mitsubishi@nglsa.be). Et si vous êtes intéressés par un essai, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de Mitsubishi où il vous est possible d'en réserver un au départ de la concession la plus proche de chez vous.
http://www.mitsubishi-motors.be/2060/explores.aspx?id=12789#/Intro.
Vous y trouverez toutes les infos sur l'I-Miev.